Une île, du bonheur, un chalet⎢Partager, une culture d’entreprise smart!

Isabelle Naessens

7 septembre 2023

6 minutes

Ça fait saliver les employés et ça rend jaloux les employeurs. On peut y aller en raquette ou en canot. On y dépose les cellulaires dans des paniers à l’entrée. Lacs-à-l’épaule et barbecues, panneaux solaires et déconnexion. Qui suis-je? … Je suis le chalet communautaire de MonTechnicien, bien sûr! Un chalet situé sur une toute petite île dans les Laurentides, récemment achetée par le propriétaire de l’entreprise, Sylvain Dion, pour ses employés.

Ça a fait beaucoup jaser sur les tribunes, évidemment. Et pour cause! Mais n’allez pas y voir qu’un bon coup de marketing. L’entrepreneur a de la suite dans les idées, et surtout le cœur à la bonne place. Entrevue avec un modèle à suivre, vraiment. Pas simplement pour vous en faire baver.

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Le bonheur au travail, ça ne se compte pas!

« Les médias ont beaucoup dit qu’on avait acheté une île pour le recrutement, a-t-il précisé d’emblée. On a reçu des tonnes de CV suite à la couverture médiatique, mais j’espère que personne ne viendra travailler chez nous juste pour ça! »

Offrir et partager, c’est tout naturel pour Sylvain. On peut dire sans se tromper que c’est un gars profondément généreux. « Ça fait partie de mon rôle comme coach d’équipe, de mettre en place les conditions pour que ça soit agréable de travailler. Bien sûr, on a des objectifs de performance, mais c’est la moindre des choses de prendre soin de nos gens ».

« Et puis, c’est tellement simple à faire! Et ce n’est pas si coûteux, contrairement à ce qu’on pourrait penser. L’île, par exemple, est un actif immobilier qui va prendre de la valeur et qui va absorber les coûts reliés à l’entretien. Ça demande un peu de gestion, mais très peu par rapport à tout ce que ça peut offrir. Le gain est immense, autant pour la connexion entre les employés, le sentiment d’appartenance, que l’importance de déconnecter et d’avoir du plaisir. Quand les gens ont le sourire aux lèvres dans les corridors, ça vaut tout l’or du monde ».

Chez MonTechnicien, on offre une panoplie de services à la carte, parmi lesquels l’accès à l’île mais aussi à des médecins de cliniques privées, un condo-hôtel à Montréal (« pour ceux qui aimeraient aller voir un spectacle et rentrer tard »), des restaurants, etc. Le jeudi, tout le monde est au bureau. « On fait un BBQ sur la terrasse, on chill au lounge. C’est important de se voir. Les 5 à 7 s’étirent souvent! » 

Il y a aussi la rémunération flexible, modulable en fonction des besoins. Ceux du célibataire de 25 ans sans enfant, ne sont pas les mêmes que ceux de la mère de famille de 40 ans avec quatre enfants. « On leur permet de choisir: d’avoir simplement le salaire, ou d’en prendre une partie et de le mettre en vacances. Ça réduit le salaire de quelques sous par heure, mais ça permet une meilleure conciliation travail-famille, par exemple ». L’entreprise s’adapte aux réalités de chacun, sachant que les besoins évoluent au fil du temps. 

Pas pour rien que MonTechnicien a été élu cinq ans de suite comme une des meilleures entreprises où travailler au pays, selon Great Place to Work Canada, et qu’il a reçu le prix de l’employeur de l’année en 2022 par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Laval.

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Une culture d’entreprise basée sur le partage, c’est logique!

Il existe une forte culture du partage chez MonTechnicien. L’entreprise utilise l’application québécoise Partage Club, même pour l’île. « On a aussi un pick-up disponible, on a pleins d’items de fête, comme une machine à barbe à papa, une machine à popcorn, des jeux gonflables, un ciné-parc! Quand on regarde tout ce qu’on a, chacun de son côté, on se rend compte qu’on a tous les mêmes choses. Une mise en commun est juste logique. » 

Une réflexion qu’il étend à nos outils, nos accessoires de jardin, tous ces chalets inoccupés la majeure partie de l’année, et tant d’autres … « Pourquoi simplement ne pas en faire profiter les autres quand on ne s’en sert pas ? »

« On pourrait questionner l’achat du chalet, mais avec un bon emploi, on devient un peu plus à l’aise, et il y en aura toujours qui voudront s’en acheter un. Et l’utiliser probablement deux semaines l’été et une à Noël. En travaillant encore plus fort pour payer tout ça, et les frais associés. Aussi bien avoir un chalet commun! » 

 

« C’est fou la surconsommation, à quel point on brûle les ressources de la planète à avoir chacun nos choses. » De là, il n’y a qu’un pas vers une considération écologique. L’entrepreneur a une conscience environnementale bien assise.

« On est en train de frapper un mur. Pourtant, on est encore à l’étape de se conscientiser et de convaincre les plus réticents, mais c’est une énorme perte de temps. Il n’y a pas suffisamment d’actions concrètes. La mise en commun du matériel, ou mutualisation des biens, est une des bonnes options qui a un impact notable sur l’environnement. On s’est aussi intéressé aux fermes urbaines, aux toits végétalisés, aux abeilles. On plante des arbres, on a électrifié nos véhicules, on continue de chercher des solutions pour être innovateur et influencer d’autres entreprises. »

Sylvain est d’ailleurs président de BuroLoft, un espace de coworking. Même principe : il avait une salle de conférence très peu utilisée et des bureaux vides. Il a ainsi rentabilisé son espace et en a fait bénéficier d’autres. « Ça permet aussi un super lieu de travail avec de grands espaces, une immense terrasse et un lounge dont on se sert pour nous, mais aussi pour recevoir nos clients et faire des formations. » 

 

Tout est aligné pour MonTechnicien. Avec la loi 25 sur la protection des données, les attaques qui sont en augmentation constante, les assureurs qui exigent des normes minimum maintenant, l’entreprise en TI est bien placée. « La journée qu’on n’est plus capable de se souvenir des noms de chacun, on arrête de grossir! »

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À propos de l'auteur(e)

Isabelle Naessens

À propos de Isabelle Naessens

Rédactrice, analyste, critique, Isabelle Naessens est une femme réfléchie, engagée et versatile qui a œuvré en relations internationales avant de se tourner vers la communication. Stratège relationnelle créative, elle se joint à l’équipe de Henkel Média en tant que rédactrice principale et créatrice de contenus.