Stratégie de financement : comment choisir ?

22 août 2022

Avec les 20 minutes CPA, l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec offre des conseils et outils qui s’adressent aux dirigeants de PME et aux entrepreneurs. Les thèmes présentés, sous un format pratique et accessible, permettent de démystifier des notions importantes liées à la comptabilité, aux finances et à la gestion des affaires. Henkel média vous propose une série de dix articles dans lesquels on apprend à connaître davantage le rôle du CPA ainsi que ses nombreux atouts pour le développement sain d’une entreprise.

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Daniel Valois, CPA et associé, v.-p. finance et stratégie, Diffusion Solutions Intégrées

L’exécution de toute bonne stratégie implique de faire des choix, qui sont parfois difficiles.

En matière de financement, ils reposent essentiellement sur deux éléments fondamentaux, soit la sélection des instruments financiers ainsi que celle de partenaires.

Le présent article a pour objectif de vous aider dans ces deux choix capitaux.

L’instrument financier : allez au-delà du taux d’intérêt

Pour plusieurs, le choix de l’instrument financier se limite à la sélection du financement offrant le taux d’intérêt le plus faible.

Voilà pourquoi une telle approche est très limitative et engendre généralement une augmentation du risque pour une entreprise et ses actionnaires.

Comme vous pouvez le constater dans le tableau, l’avantage du faible coût est contrebalancé par des garanties élevées et des modalités de remboursement peu flexibles. Ainsi, le fait de strictement financer son entreprise avec des instruments financiers à faible coût d’intérêt aura pour impact d’augmenter le risque.

Par ailleurs, vous remarquerez que les outils plus dispendieux, tels que le capital de croissance et de développement ainsi que le capital-actions, offrent des avantages significatifs en matière d’atténuation de risque. Par exemple, les investisseurs institutionnels offrant ces types de produits ne prennent généralement pas de garanties et ils offrent des modalités de remboursement très flexibles.  De plus, mentionnons que l’absence de garantie implique que la récupération de l’investissement dépend de la continuité d’exploitation, alignant l’objectif de l’entreprise et de l’investisseur en période de turbulence. Ainsi, face à une crise, l’investisseur allégera rapidement ses modalités et sera même prêt à réinvestir afin d’assurer la survie de l’organisation.

Bref, avant de prendre une décision sur l’instrument financier que vous utiliserez pour supporter votre développement, allez au-delà du taux d’intérêt et prenez le temps de comparer tous les éléments suivants :

  • Le partage du risque ;
  • Les garanties et cautionnements (personnel et corporatif) ;
  • Les modalités de remboursement ;
  • Les autres frais ;
  • Les ratios financiers exigés ;
  • La flexibilité des modalités de paiement.

Choix du partenaire : la compétence d’abord

En affaires comme dans la vie, on est à la hauteur des gens qui nous entourent. Lorsque vient le temps de sélectionner vos collaborateurs, de grâce ne vous laissez pas séduire par des artifices comme une belle loge à un évènement sportif, un dîner dans un restaurant chic, un intérêt envers vos passions personnelles ou un charisme aveuglant.  Bien que ces caractéristiques soient très appréciables dans une relation, il n’en demeure pas moins que la véritable capacité de vous supporter en affaires va bien au-delà de ces éléments.

D’un point de vue financier, tous les banquiers et les investisseurs se présenteront à vous avec la promesse d’être « bien plus que de simples financiers, mais plutôt de véritables partenaires d’affaires ». Sans présumer qu’il s’agit d’un mensonge, il est tout à fait légitime de votre part de remettre en question cette affirmation.  Afin de pouvoir se qualifier de véritable partenaire d’affaires, vos collaborateurs doivent disposer de bien plus que de grandes capacités de séduction. Ils doivent être en mesure de vous démontrer qu’il dispose notamment des compétences suivantes :

  • Un savoir-faire technique en matière de finance ;
  • Une grande compréhension de votre secteur d’activité ;
  • Des connaissances ou de l’expérience en gestion d’entreprises ;
  • Une compréhension des indicateurs clés de succès dans votre secteur d’activité.
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En ce sens, voici quelques questions que vous devriez poser à votre futur partenaire afin de confirmer ses compétences :

  • Selon vous, quelles sont les deux principales opportunités et menaces dans mon secteur d’activité ?
  • Quelle est votre expérience dans mon secteur d’activité ?
  • Quels sont les indicateurs clés de succès dans mon industrie ?

Ces quelques questions vous permettront rapidement de distinguer le vrai du faux en ce qui concerne les aptitudes de vos futurs collaborateurs. D’ailleurs, ces mêmes questions peuvent être utiles lorsque vient le temps de choisir son comptable, son avocat ainsi que tous autres partenaires stratégiques.

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Daniel Valois

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Daniel Valois, CPA et associé, V-P finance et stratégie, Diffusion Solutions Intégrées