Printemps numérique : à la rencontre des jeunes et des autochtones

Isabelle Naessens

11 octobre 2021

La mission de Printemps numérique (PN) est de propulser la transformation numérique et l’innovation technologique. Avec MTL Connecte, son événement phare, elle s’y attelle en reliant les professionnels entre eux. Démocratiser les technologies et promouvoir leur intégration est aussi essentiel dans cette industrie, dont la matière première est avant tout humaine. L’organisme va donc à la rencontre des jeunes et de ceux pour qui le monde digital est encore inaccessible. Voici comment s’y prend son directeur, Mehdi Benboubakeur, pour réaliser le souhait d’atteindre la citoyenneté numérique au Québec. 

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Allumer des étoiles chez les jeunes

Printemps numérique a mis sur ses épaules une grande partie de la mission de littératie numérique au Québec. « Malgré un écart de connaissances préoccupant à tous les âges, s’occuper de la jeunesse quand il est question de bâtir la relève est primordial. Cette industrie est basée sur l’économie de la connaissance », soutient Mehdi.

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PN a mis sur pied le projet Jeunesse QC 2030, soutenu par le Secrétariat à la jeunesse du Québec. L’objectif est d’augmenter les compétences numériques des jeunes et établir l’égalité des chances. Des tables de concertation et des partenariats avec le secteur public et privé ont été créés. PN se déplace aussi dans les écoles à travers la province. Le projet s’adresse aux adolescents de 13 à 17 ans et aux jeunes adultes de 18 à 29 ans.

Pour les plus vieux, PN a mis sur pied les DigiLabs (jumelage de créateurs et d’entreprises sous forme de laboratoire de recherche), le DigiCamp (jumelage entre étudiants et entreprises), ou encore la nouvelle série événementielle #intersections / transformations numériques, qui fait suite aux Vendredis numériques.

Pour que le numérique ne soit pas générateur de fractures identitaires

« On a réalisé que les jeunes restent encore très inégaux dans leur appropriation des codes du numérique. Selon leur niveau économique, leur connaissance du français, leur localisation géographique (en secteur urbain ou rural), leur sexe (il y a un gros déficit de filles, entre 15 et 20 % dans l’industrie présentement), leur milieu socioculturel, et autres, il semblerait que certains jeunes soient plus vulnérables que d’autres face au numérique ». Or, on sait que les technologies fractionnent : elles sont sources d’inégalités entre ceux qui ont accès et les autres.

En 2018 sont nés les Cafés numériques (en virtuel depuis 2020 en collaboration avec Pixsenses). La tournée provinciale, au moins deux évènements par année pour chacune des six régions administratives, permet à des élèves d’être en contact avec les nouvelles technologies dans des zones d’expériences immersives. Le projet leur permet d’explorer le potentiel et leur intérêt pour les technologies, de s’informer sur les métiers, ainsi que sur les initiatives existantes pour améliorer leurs compétences. « Plus de la moitié des jeunes n’avaient jamais vécu d’expérience de réalité virtuelle avant le Café. Les trois-quarts d’entre eux n’avaient jamais vu un robot humanoïde en vrai, et presque autant n’avaient jamais vu ou essayé l’impression 3D ».

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En particulier, les trois communautés de la Nation Atikamekw sont éloignées des grands centres et les jeunes ont peu d’occasions pour s’approprier les outils numériques. Printemps numérique a organisé une tournée dans les écoles secondaires de ces communautés en 2019, suivie d’une formation d’introduction au code l’année suivante. Cette année, c’est l’évènement Code Avenir – Mémoire autochtone qui permet à la technologie de préserver la langue et rendre la culture vivante dans un univers immersif.

Déployer ces activités pour rejoindre les communautés des Premières Nations a valu à Mehdi Benboubakeur une motion de l’Assemblée nationale : « Cette série d’initiatives représente des opportunités de développement inouïes pour les jeunes évoluant dans les communautés autochtones » a alors déclaré le ministre Caire. Le directeur, gentleman, retourne la médaille : « les technologies sont génératrices de développement et de richesse. C’est passionnant de voir que tout le monde veut faire partie de la solution ».

 

« Les nouvelles technologies et les outils numériques nous permettent d’entrevoir toutes sortes de possibilités pour l’avenir. Les jeunes sont nos leaders dans ces nouvelles voies, à la fois artisans du futur et gardiens de nos mémoires. » – Constant Awashish, Grand chef de la Nation Atikamekw

À propos de l'auteur(e)

Isabelle Naessens

À propos de Isabelle Naessens

Rédactrice, analyste, critique, Isabelle Naessens est une femme réfléchie, engagée et versatile qui a œuvré en relations internationales avant de se tourner vers la communication. Stratège relationnelle créative, elle se joint à l’équipe de Henkel Média en tant que rédactrice principale et créatrice de contenus.