Partys de Noël 2021 | Écrans et boîtes à lunch ou paillettes et cocktails?

Isabelle Naessens

10 Décembre 2021

La saison des partys de Noël de bureau bat son plein. Pour les comités organisateurs, il a fallu, une fois de plus, gérer l’incertitude avec précaution face aux directives fluctuantes de la Santé publique. Pour l’heure, les rassemblements privés de dix personnes sont autorisés, vingt à partir du 23 décembre. Qui plus est, les restaurants, bars et salles de spectacle ne sont accessibles qu’aux employés vaccinés. De jolis dilemmes à démêler! Selon la taille, les réalités et les besoins des entreprises, différentes avenues ont été envisagées. Nous avons pris le pouls de la situation auprès d’un restaurateur, d’une agence d’événements et des employés de bureau.

La plupart des employés sont en télétravail depuis au moins un an et demi, sans compter ceux qui ont été récemment embauchés et qui n’ont jamais rencontré physiquement leurs collègues. L’importance de se réunir n’est plus à souligner, malgré la crainte que soulève la venue d’un nouveau variant. Les entreprises ont donc cogité afin de célébrer le travail accompli et de resserrer les liens entre les équipes de la manière la plus festive, inclusive et créative possible. 

Les coudes serrés, en petits comités

« Les gens ont soif de se retrouver en salle et de socialiser », confirme Thomas Giraudo, président de Altitude C, une agence de planification d’événements corporatifs. Bien entendu, les consignes sanitaires ont restreint les capacités et mêlé les cartes. « Nous venons de livrer un événement en extérieur, que l’on a aménagé selon les règles sanitaires et la température », explique-t-il fièrement.

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Les petites entreprises peuvent privilégier le présentiel dans les restaurants ou dans les bars, avec leurs employés qui sont vaccinés. Les plus grandes ont opté pour des sous-groupes. C’est le cas chez Cogeco : « des petites célébrations par département, mais pas de gros party », raconte un employé. Même son de cloche chez BRP : « on est 18 dans mon équipe. On a été s’amuser au Escaparium puis prendre un verre au Shaker entre nous, et on a fini ça en beauté au restaurant ». 

Les réservations de groupe sont autorisées sans limite de participants, avec un maximum de dix convives par table. « Plusieurs ont nolisé le restaurant, c’est hallucinant. Je suis complet sur mes grandes tables depuis un mois pour décembre et janvier ; je refuse des demandes tous les jours ! 

C’est sûr qu’avec la distanciation et les masques, on ne peut plus rêver de gros événements, de cocktails dînatoires debout avec des canapés, de faire bar ouvert et de terminer la soirée en dansant, mais on ne se plaint pas après la fermeture d’un an et demi. Depuis la réouverture, les gens sont vraiment au rendez-vous », confirme Denis Lessard, propriétaire du Serpent sur la célèbre rue Prince à Montréal.

En mode virtuel ou hybride, faire vivre des expériences

Ces joyeuses escapades gourmandes soulèvent néanmoins la question de l’inclusivité face aux employés qui ne sont pas vaccinés. Le party de bureau derrière un écran reste la formule safe. Éprouvée l’an dernier et définitivement moins coûteuse. Par contre, ce n’est pas forcément le gros fun ! Une affirmation que reprend l’agence Altitude C : « Le virtuel a encore la côte, mais il a définitivement changé d’ampleur ».

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De plus en plus, les firmes engagent des agences créatives qui utilisent la technologie numérique avec brio pour captiver l’auditoire, être plus professionnel et interactif avec des plateformes expérientielles où les invités peuvent communiquer entre eux, faire des activités et des parcours immersifs. « En début de pandémie, on a créé une division technique et on a monté notre propre studio de tournage afin de pouvoir réaliser des événements virtuels de grande qualité », affirme M. Giraudo. L’offre de divertissement qui est mise en avant se rapproche aujourd’hui d’une production télévisée sur mesure, hautement technique et créative pour une expérience personnalisée.

Le recours à une formule hybride est aussi un mariage judicieux, qui permet d’être inclusif et de rejoindre un plus vaste public, pour que des invités en virtuel puissent se joindre aux autres en présentiel. Encore faut-il savoir segmenter les deux portions avec fluidité pour optimiser le rendement du social et la diffusion des contenus, qui peuvent être enregistrés et décalés selon les fuseaux horaires, par exemple. « Nous avons fait un événement dans trois villes en simultané. Il était proposé en mode virtuel sur Internet pour ceux à la maison, puis diffusé dans les chambres d’hôtel de ceux qui étaient présents et qui se sont ensuite réunis pour le banquet », illustre M. Giraudo.

Rendre possible l’impossible et recréer un peu de magie : les partys de bureau ont une grande mission à accomplir cette année car il faudra bien retisser ensemble ces liens qui s’étiolent au fur et à mesure d’une société qui est en train de se construire autrement.

 

« Les gens oublieront ce que vous avez dit, ils oublieront ce que vous avez fait, mais n’oublieront jamais ce que vous leur avez fait ressentir »Maya Angelou

À propos de l'auteur(e)

Isabelle Naessens

À propos de Isabelle Naessens

Rédactrice, analyste, critique, Isabelle Naessens est une femme réfléchie, engagée et versatile qui a œuvré en relations internationales avant de se tourner vers la communication. Stratège relationnelle créative, elle se joint à l’équipe de Henkel Média en tant que rédactrice principale et créatrice de contenus.