« On est à un point de bascule » – Le ministre de l’Éducation

Henkel média

22 février 2022

Qui a eu un jour cette idée folle d’inventer l’école ? C’est ce sacré Charlemagne ! Même si le concept existait avant lui, c’est bien le roi carolingien qui a rendu l’école obligatoire. Et depuis, l’institution a vécu plusieurs chamboulements. Au Québec, les deux ans de pandémie ont forcé une certaine évolution du modèle avec l’enseignement à distance. Alors que la fin de la crise sanitaire semble proche, plusieurs questions sont soulevées. Michel Leblanc, PDG de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, s’est entretenu vendredi sur le sujet avec le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, à l’occasion de la semaine de la persévérance scolaire.

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Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge

État des lieux

« Il semblerait que l’on soit en ce moment à un point de bascule, confirme le ministre. Mais pour les élèves, c’est après coups que nous risquons de voir les répercussions se manifester. Dès lors, il faudra réparer les dommages que la pandémie a créés. On sait que les écoles n’ont pas été les moteurs de la contamination, et nous les avons gardées ouvertes plus que bien d’autres pays, pour limiter les dégâts. Mais les mesures, bien qu’elles aient été efficaces, n’ont pas été parfaites. On voit déjà les retards d’apprentissage, les écarts creusés entre les élèves et le problème d’anxiété grandissant chez les jeunes ».

Visiblement soucieux, M. Leblanc a acquiescé, partageant ce qu’il vit lui-même : « Mon fils de onze ans me dit qu’il n’a plus envie d’aller à l’école le matin. Il veut faire autre chose, il pense arrêter d’aller à l’école. Avec l’enseignement à distance, pensez-vous que les jeunes aient perdu l’envie d’apprendre, le sens même d’aller à l’école ? », a questionné l’homme d’affaires qui n’a lui-même pas terminé son cégep et qui a été un universitaire sur le tard. 

« On s’est inquiété par rapport au décrochage scolaire, a répondu le ministre. Mais pour le moment les chiffres se sont maintenus, par rapport à 2019. Ceci dit, il ne s’agit pas de colmater une fissure avec une simple colle. Il y a beaucoup à faire pour valoriser l’éducation. Le processus de reconstruction est à envisager dans son ensemble, sur le long terme ». 

En avril 2021, s’était tenu le grand rendez-vous des experts pour envisager l’éducation au-delà de la pandémie. « Les consultations ont fait ressortir l’importance de maintenir le côté ludique de l’école, de continuer à investir dans le parascolaire, le sport et la culture au sens large ». Le ministère a de ce fait dévoilé l’an dernier un Plan de relance pour la réussite éducative avec une enveloppe de 110 millions $ pour la transition.

Initiative porteuse pour le monde des affaires 

Dans le discours d’ouverture d’octobre 2021 du premier ministre provincial, le gouvernement Legault mentionnait qu’il comptait sur la formation et la requalification des Québécois. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, la formation professionnelle, « et la valorisation de celle-ci », prend tout son sens. Les entreprises ont besoin de gens qualifiés dans tous les secteurs d’activités.

« Nous venons de mettre sur pied la Charte des employeurs pour la persévérance scolaire, avec l’initiative de la Fédération des chambres de commerce du Québec, et élaborée par la Fédération des cégeps, le Mouvement Desjardins, Métro, le Réseau québécois pour la réussite éducative et la Fédération des centres de services scolaires. Cela va permettre aux entreprises, incluant les PME, d’avoir accès facilement à des talents bien formés ».

Par ailleurs, cette génération qui est devenue habile avec le télé-enseignement, est prête au télétravail.  « On a investi 150 millions $ pour quadrupler le nombre d’ordinateurs, et distribué des clés LTE pour les familles qui n’avaient pas Internet. Nous avons fait des pas  de géant pour numériser la société ». Le ministre ajoute que pour les régions éloignées, l’enseignement à distance permet d’offrir des cours là où il n’y avait pas une masse critique suffisante. « En effet, il ne faut pas gaspiller tous les apprentissages que cette crise aura aussi permise », a précisé  M. Leblanc. 

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« Aujourd’hui, on pose des gestes positifs qui permettent d’espérer qu’on va diplômer encore plus dans les prochaines années. Certes, ce sont d’autres que nous qui vont cueillir les pommes des pépins que nous sommes en train de planter. Ce sont des gestes pour la génération future », a affirmé affirmé le ministre.

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