Luc Sirois, un accélérateur d’innovation

Jean-François Cyr

14 octobre 2021

Le gouvernement Legault a créé en 2020 le Conseil de l’innovation du Québec. Lors d’une conférence à MTL Connecte, son directeur général, Luc Sirois, s’est penché sur la pertinence de cette organisation. Il a également abordé le rôle primordial du travail coopératif dans le développement des innovations.

HenkelMedia.com

Le dirigeant et entrepreneur Luc Sirois, qui occupe le poste assez singulier d’innovateur en chef du Québec, croit que la connaissance et le savoir sont primordiaux dans les sociétés modernes : « Les innovateurs de la création numérique, femmes et hommes, mettent les communautés en action. Ils créent et réfléchissent à l’avenir. »

« Je pense à des gens comme Mehdi Benboubakeur, le directeur général de Printemps numérique | MTL Connecte. Un innovateur en chef apporte de la lumière aux spécialistes. Il doit leur donner envie de se dépasser. Je suis comme un capitaine. Je motive les gens à jouer en équipe. J’ai seulement un peu plus d’expérience que certains autres dans le domaine de l’innovation. »

Les connexions

La flamme de l’innovation est en chaque individu, selon M. Sirois. Ce dernier est responsable d’aider les travailleurs en entreprise à développer leurs innovations. Il en va de même pour les institutions, les universités et les centres de recherche.

« La créativité et l’innovation existent souvent dans les connexions. Elles sont à l’intersection des mondes. Elles émergent, par exemple, quand l’entreprise et l’université travaillent ensemble. Oui, on peut y retrouver des spécialistes de technologies numériques, mais aussi des anthropologues, des sociologues, des experts de l’urbanisme, du design et de la création artistique. »

M. Sirois encourage et accompagne la transformation de piliers fondamentaux de la société, dont l’éducation, la santé, la culture, l’environnement ou encore le transport. Il est d’avis que les partenariats d’innovation entre les entreprises et les chercheurs du secteur public sont indispensables pour améliorer la compétitivité du Québec et de ses industries grâce aux technologies de l’information et des communications. Il est par ailleurs responsable d’assurer la commercialisation des innovations.

« Un wake-up call » 

La pandémie a été « un gros wake-up call » pour de nombreuses entreprises, de dire l’innovateur en chef. L’innovation n’assure pas seulement une meilleure rentabilité, elle est souvent garante d’un avenir meilleur. Le constat a été probant lorsque le virus s’est propagé dans le monde entier. Les dirigeants qui avaient précédemment innové dans les secteurs de la communication, du transport ou de la gestion de la main-d’œuvre ont pu s’adapter plus facilement aux nouveaux paradigmes imposés par les mesures sanitaires et l’isolement des gens.

« Il est possible de ne pas innover dans une compagnie, mais elle risque fort bien de ne plus exister dans cinq ou dix ans. Le monde change. Le statu quo est en fait un recul. On doit évoluer, malgré les [aléas]. »

HenkelMedia.com

Effectivement, il existe un risque financier dans l’innovation. Mais, un nouveau produit, un marché inconnu, une transformation, par définition, présupposent une part d’incertitude, affirme M. Sirois. Or, cela ne doit pas décourager l’innovation. « Il faut faire une série de tentatives et éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier. Le dirigeant d’une entreprise doit semer des graines à long terme. Il est tenu d’expérimenter. Quand viendra le temps de la grande transformation, des choses auront poussé. »

Au dire de M. Sirois, la renaissance post-pandémique va engendrer de grandes transformations. En vérité, c’est déjà commencé.

HenkelMedia.com

Hacking Health et Axelys

Pour innover, les créateurs et les entrepreneurs doivent être libres.

« J’aime donner l’exemple de Hacking Health, lance Luc Sirois cofondateur de l’organisme. Des gens de diverses villes, dont Montréal et Nantes (en France), ont décidé de travailler ensemble pour trouver des solutions numériques à la rigidité du monde de la santé. Grâce au partage du savoir et de l’expertise, ça devient possible.»

Présent dans une vingtaine de pays, Hacking Health est un exemple concret. Cette organisation a pour mission de catalyser la collaboration en permettant aux professionnels de la santé, patients, spécialistes de design et de technologies de créer des solutions innovantes et concrètes répondant aux défis de ce domaine crucial de la société.

Luc Sirois est également président du conseil d’administration de la nouvelle société Axelys, qui a récemment remplacé trois sociétés de valorisation de la recherche au Québec, soit Aligo Innovation, SOVAR et Univalor. Axelys a pour mandat d’accélérer et de faciliter le transfert technologique de la recherche vers l’industrie. Axelys offre des services-conseils et de l’accompagnement en développement et en commercialisation de l’innovation à plusieurs établissements de recherches publiques partout dans la province.

En définitive, Luc Sirois veut éveiller, encourager les innovateurs. Le Conseil de l’innovation du Québec est l’une des plateformes existantes afin de propulser leurs idées. Cela dit, ces créateurs ont une responsabilité fondamentale dans le processus d’idéation : ils doivent travailler en équipe.

À propos de l'auteur(e)

À propos de Jean-François Cyr