Le Bouddha Moqueur : devenir un meilleur gestionnaire

Isabelle Naessens

28 juillet 2021

Se ressourcer, c’est savoir se retrouver, apprendre à devenir soi-même. C’est aussi un chemin vers le leadership conscient, un concept tendance à démystifier. Michel Lehoux, un entrepreneur aux yeux rieurs, est le cofondateur du gîte de ressourcement le Bouddha Moqueur. Conférencier, formateur et humoriste à ses heures, il accompagne le public et les gens d’affaires à mieux se connaître pour agir et réagir en cohérence, une des clés d’une gestion saine et avisée. 

Au cœur de Chaudière-Appalaches, un petit domaine bien gardé tient le fort du mieux-être : une grande maison de lumière, une forêt tranquille et une rivière qui coule, reflet de nos pensées qui vont et qui viennent, et que Michel Lehoux nous apprend à ne pas retenir. Un rire franc éclate. C’est le sien : la petite équipe de gestionnaires de Construction Dramis vient d’arriver au Bouddha Moqueur pour une retraite.

Un entrepreneur aguerri et conscient

Michel Lehoux n’est pas un de ces moines inaccessibles et silencieux. « Ça, c’est des réservoirs de lait de ferme que j’ai coupé pour en faire des cuves thermales », lance-t-il, juché sur son tracteur, prêt à étaler la gravelle. L’homme de cœur est aussi homme d’affaires… « et à tout faire! », se moque-t-il. En effet, il s’occupe de tout : la gestion, l’administration, les clients, les réseaux sociaux, l’entretien de la forêt et même le ménage! « C’est comme ça quand on lance un projet, confie sans sourciller celui qui ne reste jamais les mains dans les poches et les bras ballants. La performance, l’ambition, je connais. J’ai fait du sport compétitif, je suis retourné sur les bancs d’école et j’ai obtenu ma maîtrise à 34 ans, j’ai travaillé au Cégep et j’ai enseigné à l’Université, j’ai monté une entreprise de recyclage de tubulures d’érablières pour aider mon père, j’ai travaillé dans des usines et à l’hôpital comme ergonome, et j’ai pris des congés sans solde pour monter des projets ». Carriériste, ou émissaire du fameux Carpe Diem ? Nul doute, l’homme sait saisir le moment.

« Le mieux-être est vraiment un appel » raconte-t-il. Il est la trame de fond de son parcours. « Ce projet, je le portais depuis plusieurs années. Quand une collègue m’a parlé de son rêve, qui était le même que le mien, et qu’elle m’a montré une photo du domaine à vendre, je suis allé visiter le soir même, et le lendemain on se lançait. J’ai vendu ma voiture et quitté un emploi sûr sans regarder en arrière ». Michel est aujourd’hui coach et formateur, un rôle qui lui va à ravir. Il co-anime des retraites de pleine conscience avec son nouvel associé, un anesthésiste de carrière, et aux côtés d’autres spécialistes de mieux-être (yoga, tai chi, massothérapie, psychologie). Il partage son expérience avec une sagesse douce et vraie. La spiritualité, il en fait son pain quotidien, mais avec une farine allégée, saupoudrée de moqueries, d’authenticité et de bonne humeur. L’entrepreneur de 43 ans n’a pas peur de se dire, en toute franchise : sa vulnérabilité fait sa force, et pave la voie à ceux qui viennent apprendre de lui.

HenkelMedia.com
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Tout part de soi

« J’ai tendance à beaucoup travailler, mais il faut savoir s’arrêter, se poser pour s’observer, explique Michel. Apprendre à se connaître et prendre du recul pour se regarder aller permet d’identifier nos déclencheurs, ce qui nous fait réagir, et ensuite pouvoir répondre autrement ». Ne pas lancer sa boule de stress aux autres est un bon début! La bienveillance, qui n’est pas seulement le lot des initiés, n’est ni un Saint-Graal inatteignable ni la posture ultime de l’entrepreneur éveillé. À trop vouloir, le risque est de tomber dans ce que le formateur appelle le danger d’être dans son cœur les yeux fermés : « se faire respecter, mettre ses limites et ne pas tolérer l’intolérable fait partie de la zénitude! Quand un de tes employés te dénigre devant tes clients, que faire? Avant, je l’aurais peut-être mis à la porte sans plus de cérémonie. C’est de la fuite de gestion. Aujourd’hui, je vais essayer de comprendre pourquoi il l’a fait, mais je ne suis pas obligé de l’accepter et je lui en fais part ».

 

La communication consciente fait partie des pratiques qui gagnent à être intégrées dans le monde du travail. Nullement à sens unique, les ateliers et retraites devraient aussi engager financièrement les salariés, et non pas seulement l’entreprise. « Il faut qu’il y ait une réelle intention de la part de tous ceux concernés. Une contribution des employés aux formations a un impact : ils se sentent concernés et voudront aller jusqu’au bout. Tout le monde est motivé! ». Échanges et silences, transparence et nuances, rigolades et authenticité, sont au programme de ses retraites d’entreprises sur-mesure et formations en leadership conscient qui laissent à l’ouverture du coeur en entrepreneuriat une place privilégiée.

À propos de l'auteur(e)

Isabelle Naessens

À propos de Isabelle Naessens

Rédactrice, analyste, critique, Isabelle Naessens est une femme réfléchie, engagée et versatile qui a œuvré en relations internationales avant de se tourner vers la communication. Stratège relationnelle créative, elle se joint à l’équipe de Henkel Média en tant que rédactrice principale et créatrice de contenus.