La deuxième porte

8 novembre 2021

HenkelMedia.com

Stéphane Kpadé

Tout part de soi, c’est la clé

La deuxième porte

En changeant d’environnement, le rêve était devenu réalité. J’avais finalement réussi à franchir la première porte. J’étais maintenant au Québec ! Cette étape signifiait beaucoup pour moi. Elle représentait le choix que j’avais fait d’être l’entrepreneur de ma vie. C’était le début de mon engagement sur la voie du changement. Certes, les défis s’annonçaient importants, mais mes espoirs étaient encore plus grands.

 

Porte 2 : le Comportement

Je suis tombé de haut ! La réalité m’a rattrapé et ne correspondait pas à mes attentes. La lune de miel n’a duré que quelques mois, après mon arrivée au Québec, en 2006.

Entre trouver un logement à mon goût (cinq appartements différents en trois mois) et un emploi qualifié correspondant à mon niveau d’études, savoir comment réagir aux commentaires désobligeants sur ma façon de faire ou d’être, est ce qui m’a posé la plus grande difficulté. J’étais sans ressources et ne savais pas quel comportement adopter.

« Quoi faire ? » est justement la question à laquelle répond la deuxième porte, le « deuxième niveau logique de changement », selon la classification de Robert Dilts. Ce niveau correspond au Comportement et comprend toutes les actions et réactions que nous manifestons dans notre environnement. À l’époque, passer ce niveau représentait pour moi l’occasion qu’il me fallait dans ma démarche pour changer de vie.

Identifier les déclencheurs

Alors que j’avais besoin de soutien, je me laissais régulièrement affecter par tous les commentaires gratuits, souvent non sollicités, que les autres me partageaient avec « beaucoup de générosité » : « Tu devrais laisser tomber, ce projet n’a aucune chance de marcher », « Tu n’as pas ce qu’il faut pour réussir cela… », « Je te l’avais bien dit, c’était une erreur… », « Moi, à ta place, j’aurais fait comme ça… », « Tu sais, ici on ne nous aime pas… », etc.

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Bien malgré moi, ce que j’entendais m’affectait. J’avais alors tendance à douter, à culpabiliser, à me mettre en colère ou même, à perdre mon estime personnelle. J’étais systématiquement en mode réaction. Cela nécessitait ensuite une grande dose d’énergie et du temps pour me remettre dans de  bonnes dispositions… jusqu’à la fois suivante.

C’est seulement après quelques années que j’ai réalisé que le schéma se répétait dans ma nouvelle vie, au Québec. Le mal-être était là, bien ancré. Et c’est probablement un jour en 2009, au début de mon parcours de coach corporatif en Programmation Neurolinguistique (PNL), que j’ai compris l’invraisemblable : j’avais déjà vécu cela maintes fois en France et je reproduisais le même pattern, ici, dans mon nouvel environnement. C’était comme une révélation pour moi. J’avais le choix : continuer ou changer. J’ai choisi de changer. Par chance, j’avais maintenant de nouveaux outils à ma disposition.

Mon besoin ? Garder ma sérénité et ma lucidité. Ne pas me laisser affecter par l’autre.
Mon constat ? Identifier les éléments (sentiment, paroles, gestes) qui me faisaient réagir.
Comment ? En prenant conscience de l’émotion que je ressentais à ce moment, je devais relever les éléments déclencheurs.

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Neutraliser le Sens

Une fois les éléments déclencheurs identifiés, j’ai appris en coaching qu’il fallait neutraliser le sens que je leur donnais, au lieu d’y réagir. Je vous explique :

Si je réagissais à certains mots, certaines paroles que j’entendais, c’est que j’y associais automatiquement un sens, qui n’avait pourtant pas la même signification pour l’émetteur.

Entendre la phrase « Je te l’avais bien dit, c’était une erreur… » me renvoyait inconsciemment à ma prétendue incapacité de prendre de bonnes décisions. J’avais la perception que c’était le message que l’on me transmettait. Je prenais cela comme un reproche et ça m’affectait. Et comme dans une réaction en chaîne, le comportement que j’adoptais ensuite me limitait au lieu de m’aider.

Que faire ?  Je devais trouver un moyen de neutraliser le sens que je donnais spontanément à l’élément déclencheur (le mot, le commentaire, le geste de l’autre personne, à mon égard).

Comment ?  Au moment où je sentais l’émotion monter en moi (colère, tristesse, peur…) et que j’étais sur le point de réagir, je m’habituais à utiliser une technique de visualisation :  j’imaginais une table ou un espace virtuel entre mon interlocuteur et moi. Je m’efforçais de voir les commentaires désagréables se déposer sur la table ou dans l’espace créé, au lieu qu’ils se rendent immédiatement à mes oreilles. Ainsi, j’avais le temps d’évaluer la parole ou le geste et d’en rejeter le fondement.

Changer le comportement

Créer cette distance émotionnelle entre le déclencheur et moi-même me permettait d’une part, de ne pas réagir sous le coup de l’émotion, en évitant de me laisser atteindre directement. D’autre part, cela me laissait le choix de l’action la plus appropriée à prendre pour moi à ce moment-là, avec sérénité et objectivité. J’étais en action et non plus en réaction.

J’avais ainsi appris à changer la réponse, à adapter mon comportement, à conserver mon pouvoir de jugement et d’action. Désormais, chaque fois que j’utilisais cette technique, je ne me laissais plus affecter par des commentaires négatifs.

C’est donc en 2010 que j’ai franchi la deuxième porte.

Simple en apparence, la technique nécessitait une certaine rigueur et constance dans son application. Je l’avais découverte dans mon parcours en PNL, en 2010, mais ne l’avais utilisée que de façon intuitive et sporadique. Récemment, à la suite d’une séance de coaching, j’ai ressenti le besoin de l’intégrer dans mon quotidien. J’ai depuis réalisé que j’étais en bien meilleur contrôle de ce deuxième niveau logique de changement.

Comme pour moi, vous avez probablement été confronté à ce genre de situation à un moment donné dans votre vie, en tant qu’entrepreneur, employé, patron, parent, enfant, etc. Avez-vous eu la sensation d’être dépassé par vos réactions ? Avez-vous regretté une parole, un geste ou un sentiment ? Auriez-vous aimé agir différemment ? Oui, mais vous manquiez alors de ressources ?

N’oubliez jamais, vous avez le choix. Ne vous limitez pas ! Faites les choses autrement et obtenez des résultats différents. Gardez votre pouvoir. Vous verrez, les portes continueront de s’ouvrir, car vous êtes la clé.

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent !» – Albert Einstein

À propos de l'auteur(e)

Stéphane Kpadé

À propos de Stéphane Kpadé

Président fondateur de SKPADE Conseil & Coaching

Stéphane Kpadé est le fondateur de SKPADE Conseil & Coaching, une entreprise spécialisée dans le développement du personnel et l’ingénierie de formation : conception, développement et animation de formations sur mesure. Entrepreneur depuis 2015, Stéphane est également spécialiste en formation et coach en leadership & développement en entreprise. Il est fasciné par l’être humain et s’est donné pour mission de l’aider à développer son plein potentiel. Ainsi, il se passionne pour motiver, inspirer, accompagner les entrepreneurs et organisations dans le processus de changement au niveau personnel, professionnel ou organisationnel. À travers ses chroniques, Stéphane partage son histoire de vie tout comme des outils inspirants et efficaces simples à utiliser pour votre parcours. Ceux-ci vous aideront à relever les défis que vous vous êtes fixés et vous accompagneront sur la voie d’un changement désiré.