Faire le plein de culture et d’humanité pour la rentrée ⎢ La Grande nuit de la poésie de David Goudreault et Richard Séguin

25 août 2022

La cloche de la rentrée a bel et bien sonné : retentissant glas des vacances ! Pour les petits comme pour les grands, il est temps de reboutonner les chemises d’un cran et de retrouver le réveil caché sous un tas de poussière. Dans les sacs, il faut des livres, mais aussi de la motivation à toute épreuve et le cœur gonflé à bloc. 

On dit que la santé mentale passe par le sport et une bonne hygiène de vie : la culture en fait partie. David Goudreault, auteur engagé qui sait manier à la fois le verbe et l’humain, avait le sourire facile et les cheveux au vent à la barre de la Grande nuit de la poésie de Saint-Venant-de-Paquette le 20 août dernier. Le pouvoir des mots, il en connait tout un rayon…

Le public avait les yeux brillants comme les perséides cette nuit-là. Pas celles de Geneviève Rioux, tranchantes et cinglantes ; celles, plutôt, qui coulent en pluie filante, remplies de promesses à toute épreuve.

Lectures, karaoké de poèmes et vers libres à la volée sous le chapiteau dressé pour l’occasion, ateliers de création en toute intimité dans la maison de l’arbre ou dans l’enceinte des murs d’une bibliothèque étriquée… il y avait de la poésie à foison, jusqu’aux petites heures du matin. Un pari fou de douze heures d’affilée, pour se soûler de mots jusqu’à plus soif. Et de la chanson aussi, « la petite sœur de la poésie », avec Luce Duffault, Alexandre Poulin, Marc Hervieux, Amylie et Richard Séguin, offerte en bouquet pour tous ces amoureux des mots, lovés dans la nef de l’église du village, frigorifiés à l’aube, mais le cœur assurément brûlant.

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David Goudreault © Yves Harnois

Guérir : des mots pour se dire

« Je crois que la thérapie par la littérature est extrêmement efficace, a dit David Goudreault, l’homme de lettres, qui est surtout homme de cœur. Le directeur artistique de l’événement, aussi poète et romancier, a été travailleur social pendant plusieurs années. Il a le militantisme gravé sur la poitrine. Et le gars aime ses tatouages. 

Celui qui a reçu la médaille de l’Assemblée nationale, la Coupe du monde de poésie, le Grand prix littéraire Archambault, le Prix des nouvelles voix de la littérature, le Prix Radarts et Accès Culture, Roseq et Étoiles Stingray en plus du prestigieux Prix Clémence-Desrochers décerné par la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec, (prenez une respiration ici) est aussi porte-parole du Mouvement Santé mentale Québec depuis 2018. Il est allé à la rencontre des jeunes pour la série documentaire Du Monde, des Mots sur ICI-Artv et pour donner des ateliers d’écriture dans le cadre du programme « La culture à l’école » du ministère de l’Éducation. Peut-être devrait-on dire de lui qu’il est un passeur culturel, ce qui résumerait bien l’impact de son travail auprès de tout un pan de notre société en mal de vivre… et de mots. 

Mots évocateurs, messagers, mots libérateurs. Mots qui transportent, mots qui résonnent. Qui font mal, qui déchirent, et qui cicatrisent. La poésie est un outil d’expression, mais surtout d’émancipation. « J’en appelle à la poésie […] pour que pousse la parole, toute croche et … vivante ». La littérature, comme planche de salut.

Démocratiser la poésie

Pas pour rien qu’on parle de slam pour faire de la poésie engagée, c’est plus pop et glamour. « L’idée, c’est d’avoir quelque chose de très accessible, de très humain, et en même temps de spectaculaire, de par l’efficacité de la poésie », a dit l’égérie de la Grande nuit de la poésie qui parvient à rameuter une quantité fascinante d’humains avides de tendresse et de prose dans le petit village estrien d’à peine cent âmes où habite Richard Séguin, l’instigateur de tout cet affolement. La relève est impressionnante, et elle insuffle de l’espoir. La programmation, jeune et éclectique, fait foi de ce vent qui tourne.

Même le financement de l’événement est touchant. Naturellement, et heureusement, il y a des commanditaires et des partenaires culturels. Mais bien des attentes sont portées vers la petite boîte de bois qui se tient timidement en haut des marches de l’église pour recueillir les dons volontaires. « Et comment nomme-t-on les habitants de St-Venant-de-Paquette ? lance au micro le pétillant David, devenu un chum pour tout le monde. Des bénévoles ! ». Et l’assemblée de s’esclaffer joyeusement. 

La soirée fut bonne. Le public, heureux de communier à nouveau avec les artistes, presque repu de paroles et de chansons, mais pas encore gavé d’humanité, a certainement fait déborder la petite boîte de bois. Ivre de mots, la nuit, elle, a fini par tituber aux petites heures du matin.

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J'en appelle à la poésie, collection Les grandes voix. Album illustré, le nouveau matériel.

Suggestions lecture de la rentrée

Vif oubli, David Goudreault

Mes forêts, Hélène Dorion

Survivaces, Geneviève Rioux

Pomme Grenade, Elkahna Talbi (Queen Ka) 

Trêves, Louise Marois

Morceaux de mémoires, Mathieu Dubé

Les odes radiophoniques VI, Jean-Paul Daoust

À propos de l'auteur(e)

Isabelle Naessens

À propos de Isabelle Naessens

Rédactrice, analyste, critique, Isabelle Naessens est une femme réfléchie, engagée et versatile qui a œuvré en relations internationales avant de se tourner vers la communication. Stratège relationnelle créative, elle se joint à l’équipe de Henkel Média en tant que rédactrice principale et créatrice de contenus.