Ces promesses électorales qui vous veulent du bien

12 septembre 2022

Saviez-vous que moins de 70% des personnes en âge de voter ont affiché leurs couleurs aux dernières élections provinciales de 2018 ? La confiance est fragile. Mais il ne faut pas oublier que les décideurs ont un pouvoir d’impact très grand sur la société et la façon dont l’économie tourne. 

Comment les promesses des partis pourraient affecter nos entreprises ? Quels sont les enjeux pour nos PME ? Après deux semaines de campagne, Henkel Média a fait le point.

La question du jour est : comment pallier le manque de main d’œuvre ? Par ailleurs, plusieurs se sont montrés généreux avec une baisse des impôts ; le déclin du français dans notre belle province figure parmi les préoccupations politiques ; et ils ont parlé un peu, mais si peu, de l’avenir de notre planète…

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Le retour des travailleurs aînés ?

Retour des travailleurs aînés ?

Tous les partis veulent encourager le retour au travail des 150 000 travailleurs de 60 ans et plus (Québec Solidaire ne s’est pas encore prononcé).

Ils proposent plusieurs incitatifs fiscaux. Le Parti québécois (PQ) propose un rabais d’imposition de 15%, aucune pénalité sur les pensions, et tout comme le Parti libéral (PLQ) pour les 62 ans et plus, l’arrêt des cotisations au Régime de rentes du Québec. Le PLQ souhaite le bonifier pour atteindre graduellement 40 % du revenu cotisé. Et tout comme le parti conservateur (PCQ), il prévoit une augmentation du crédit d’impôt pour prolongation de carrière.

Le PQ souhaite également mettre en place un fonds d’assurance des prestations de retraite en cas de faillite des employeurs, auquel ces derniers seraient tenus de cotiser. 

 

Plus, ou moins d’immigration ?

Le Conseil du patronat du Québec demande depuis des mois au gouvernement d’accueillir davantage de nouveaux arrivants, voire de doubler le seuil actuel de 50 000 immigrants – et d’améliorer le mécanisme de reconnaissance des acquis et des compétences des travailleurs étrangers.

Bien que la CAQ ait annoncé 290 millions $ pour renforcer l’intégration en emploi des personnes immigrantes, elle ne veut plus augmenter les seuils d’immigration après 2022. Tout comme le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, elle ne croit pas que l’immigration soit la solution pour pallier la pénurie de main-d’œuvre à long terme.

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Travailleurs immigrante dans un domaine de pénurie de main d'oeuvre

Il est intéressant de savoir que selon une étude de Statistique Canada publiée en juin dernier, les immigrants récents occupent des postes plus difficiles à pourvoir. Peut-on logiquement penser qu’ils permettent de combler les pénuries dans certains secteurs ? Et qu’en est-il du long terme, lorsqu’il faudra davantage de travailleurs pour répondre à leurs consommations et besoins, notamment en éducation ou en santé. Un cercle vicieux, ou vertueux ?

Comme la CAQ, le PQ propose donc que le Québec accueille moins de nouveaux arrivants et se concentre sur une immigration économique, tandis que le PLQ et QS optent pour la solution inverse ! 

185 000 chômeurs, 270 000 postes vacants; il est évident, aujourd’hui, que de réduire les seuils, ce n’est pas aller dans la bonne direction.  – Dominique Anglade, PLQ

Les conservateurs simplifieraient par ailleurs les procédures pour embaucher des travailleurs étrangers. « Ce n’est pas normal qu’un agriculteur doive attendre un an et débourser des milliers de dollars pour faire venir un travailleur temporaire », affirme leur leader, Éric Duhaime.  

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Automatisation, robotisation, numérisation des emplois

Autres réflexions sur l’emploi

Ces derniers (PCQ) misent aussi sur la numérisation et l’automatisation des entreprises, tout comme les libéraux, qui parlent également de requalification des travailleurs vers les secteurs en demande.

À ce sujet, François Legault promet d’ajouter 30 000 diplômés dans des « secteurs névralgiques de l’économie » : manufacturier et technologique, les services publics et la construction. La CAQ veut moderniser la formation professionnelle, offrir des programmes courts et des bourses.

Le PQ et QS désirent augmenter progressivement le salaire horaire minimum jusqu’à 18 $. Québec Solidaire fournirait de l’aide aux PME pour minimiser les impacts. Un projet pilote sur le revenu minimum garanti serait mis sur pied. Jusqu’à ce que l’inflation retourne à son niveau normal de 3 %, la TVQ serait suspendue sur des milliers de produits essentiels. QS vise aussi une réforme de la Loi sur l’équité salariale et parle d’instaurer progressivement la semaine de 35 heures de travail sans perte de salaire avec 10 congés payés, 12 jours fériés, et minimum 4 semaines de vacances par année.

Baisses d’impôt ? La belle promesse…

La CAQ et le Parti libéral promettent des baisses d’impôt, en réduisant les taux des deux premiers paliers d’imposition provinciale. Alors que le premier les financerait par le Fonds des générations (qui a pour mission de réduire la dette de nos prochains), le second ne craint pas les déficits…

Les libéraux veulent aider les PME québécoises à devenir plus « compétitives » et se concentrer sur leur croissance en allégeant leur paperasse administrative et leurs taxes. Ils diminueraient aussi le taux de cotisation au financement du réseau de la santé et des services sociaux des entreprises…

Ils s’engagent aussi à élargir l’accès à la DPE (déduction pour les très petites entreprises [moins de 5 employés] et travailleurs autonomes), qui permet à ceux-ci d’avoir droit à un taux d’imposition de 3,2% au lieu de 11,5%.

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Baisse d'impôt et autres promesses électorales

Les conservateurs vont dans le même sens, mais avec des calculs différents, en éliminant notamment les subventions aux entreprises. Ils souhaitent un impôt à taux unique.

Le PQ n’envisage pas de baisse d’impôts, mais réduirait les coûts considérés comme essentiels (logement, essence, nourriture). QS l’exclut aussi, sauf pour les plus aisés, à partir de 100 000 $. QS taxerait l’ensemble des gains en capital (sauf la vente d’une résidence principale), imposerait un impôt minimum progressif pour les entreprises et taxerait les transactions financières. Un salaire maximum serait imposé entre autres pour les directeurs des entreprises qui reçoivent de l’aide financière de l’État. 

French, please ! 

Avec la récente et déjà contestée loi 96, toutes les entreprises et commerces de moins de 50 employés sont assujettis à la Charte qui prévoit le français comme seule langue des affaires : contrats, affichage, services, communications, litiges, etc. Certaines dispositions sont entrées en vigueur en juin dernier et d’autres modifications, notamment celles qui étendent les règles de francisation aux entreprises de 25 à 49 employés, seront mises en application graduellement d’ici à mi-2025.

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Le français dans toutes les entreprises du Québec

QS appuie cette réforme de la loi 101, mais éliminerait le délai de six mois imposé aux immigrants pour communiquer en français avec l’État. Le parti l’appliquerait à l’ensemble des entreprises de 10 employés et plus, limiterait « l’exigence indue » de la maîtrise de l’anglais à l’embauche et renforcerait l’application de la loi dans le monde numérique, y compris l’affichage. 

Le PQ, quant à lui, porte haut l’étendard du français et renforcerait la loi 101, jugeant que la nouvelle loi 96 n’est pas suffisante. Il veut élargir son application et imposer une immigration économique 100 % francophone.

 À l’opposé, le PCQ veut renverser la réforme de la Charte de la langue française afin de protéger les droits de la minorité anglophone. Il parle de mesures incitatives moins drastiques.

Et la planète ? 

QS place l’environnement parmi ses priorités et compte réduire les émissions polluantes de 55% d’ici 2030 (45% pour le Parti Libéral, 37,5 % à la CAQ, 45% mais par rapport à un niveau plus récent pour le PQ, et aucune cible pour le PCQ). Les trois premiers désirent atteindre la carboneutralité d’ici 2050

Alors que la CAQ mise sur l’électrification des transports, QS compte payer les grands pollueurs et instaurerait un « budget carbone » avec des cibles annuelles et sectorielles. Les entreprises payeraient une taxe dissuasive de 100 $ la tonne sur les émissions excédentaires (205 $ dès 2030). QS nationaliserait les industries produisant des énergies renouvelables (éolien, solaire, etc.). Les redevances pour les entreprises qui exploitent l’eau potable à des fins commerciales seront augmentées (comme pour le PL) et l’exploitation de l’eau potable par des entreprises privées à des fins d’embouteillage serait graduellement interdite. 

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L'environnement et les entreprises. Comment protéger la planète ?

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